Parce que bon, des fois, j'écris aussi des textes d'écriveuse et tout et tout
Dans les lettres qu’elle lui envoie
elle lui (ment) dit le temps qui a passé, il est loin ce mois de juin,
rassure-toi, je n’attends plus rien de nous (toi), viens sans crainte.
Elle se
rappelle les battements sourds dans son (ventre) cœur à chaque fois
qu’il apparaissait, à quel point elle l’a (désiré) détesté d’être aussi
distant, aussi joueur, aussi présent. C’est insupportable d’être là à ce point,
elle pensait. Elle-même n’avait jamais été là, lui semblait-il, absente,
toujours absente, elle n’avait jamais rien vu.
Elle se (caresse) souvient. Elle se rappelle ce
soir-là, quand il l’avait regardé au moment où les lumières s’éteignaient, elle
savait lire ça dans les yeux des hommes, ça voulait dire j’ai envie de (te
baiser) toi, et elle avait docilement enfilé son manteau, l’avait suivi
chez lui comme un petit animal, rien à foutre d’après, quand la lumière se
rallumerait pour de vrai, quand elle devrait remettre ses fringues pour rentrer
chez elle, et affronter le regard des passants avec son mascara qui
dégoulinerait au milieu des joues et sa culotte de la veille dans la poche de
son manteau, rien à foutre que de lui, à ce moment-là. Elle savait que ce qui
allait se passer, quand elle est entrée pour la première fois chez lui, elle
savait que ce serait (bon) mal, et elle s’en foutait. Elle le voulait
juste lui.
Son corps nu pressé contre le sien, sans effort
apparent, c’est ce qu’elle retiendrait de cette nuit-là, cette fluidité dans
les mouvements, à croire qu’ils étaient faits l’un pour l’autre, dieu qu’elle aurait
voulu le croire à cet instant-là, mais non, c’est juste de la baise, elle se
répétait, et lui soufflait à son oreille (je t’aime) j'adore.
Elle se demande
ce qui se passera, quand elle le reverra. Mais non, elle le sait déjà. Elle
sait qu’elle éprouvera ce besoin impérieux, violent, de sentir (ses mains)
ses yeux sur elle, qu’il la regarde, qu’il la voie, pour qu’elle existe (encore)
enfin.